La tournée laurentienne de la Coalition Santé Laurentides (CSL) s’est arrêtée au Centre de services de Rivière-Rouge le 2 septembre. Ce regroupement demande au gouvernement, après l’adoption de la motion du 6 mai à l’Assemblée nationale, de passer immédiatement à l’acte, d’avancer des actions concrètes.

Les membres de la CSL ont d’abord rencontré la direction des services, les syndicats et autres intervenants locaux, afin de colliger ce qui marche et à l’inverse. La Coalition se veut le porte-voix de tous les besoins urgents en soins de santé dans l’ensemble des Laurentides, outre des services qui pourraient mieux desservir. Après quoi, en milieu d’après-midi, les médias étaient invités pour un bref résumé des rencontres.

Lors de celui-ci, la CSL a exhorté le gouvernement provincial de procéder à un rattrapage financier et une complétion des projets d’agrandissement et de mise à niveau des hôpitaux des Laurentides. Pour Rivière-Rouge spécifiquement, elle souligne la réorganisation de l’urgence dont le contrat a été octroyé le 19 août dernier à une firme de Mont-Laurier. Les travaux s’amorcent bientôt. Dans la liste des demandes se trouvent la prise en charge et l’accompagnement des personnes dans le système de santé et de services sociaux et le maintien du service d’urgence.

Au nombre des acteurs du comité directeur venus rencontrer élus, usagers, personnel de soin et médecins, il y a la Dre Lyne Couture, médecin de famille, membre du comité directeur de la CSL et vice-présidente de l’Association des médecins omnipraticiens Laurentides-Lanaudière (AMOLL), ainsi que le Dr Daniel Picard, médecin spécialisé en médecine nucléaire et président de l’Association des médecins et professionnels pour l’avancement de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme. Le comité se complétait de Marc L’Heureux, maire de Brébeuf et préfet de la MRC des Laurentides, Gilbert Pilote, maire de Ferme-Neuve et préfet de la MRC d’Antoine-Labelle, et Denis Charette, maire de Rivière-Rouge.

Un manque de ressources

Marc L’Heureux soutient que le manque de ressources est à la base des problèmes. « Au fil des années et des orientations ministérielles, les acteurs de la région des Laurentides se sont investis à définir une approche commune d’organisation de services pour mieux répondre aux besoins de la population. Malheureusement, cette vision ne peut se concrétiser, non pas par manque de concertation ou de vision, mais par manque de ressources », plaide-t-il.

Pour Gilbert Pilote, les années passent et le centre est toujours en attente de ressources « pour établir un plan clair qui favorisera la convergence des efforts dans le but ultime d’améliorer la santé et le bien-être de la population. L’attente se fait longue et les besoins sont urgents ».

La psychiatrie sans psychiatre

Le comité directeur souligne par ailleurs qu’on ne trouve aucun psychiatre en service temps plein au centre de Rivière-Rouge. Toujours selon le comité directeur, deux ressources travaillent à temps partiel, quatre jours et huit jours par mois.

« On constate un manque préoccupant de médecins spécialistes. Les besoins en psychiatrie demandent l’attention immédiate d’un spécialiste. À l’heure actuelle, le Centre est en mesure d’accueillir les personnes présentant des problèmes de santé mentale en phase aiguë grâce à des médecins omnipraticiens “dépanneurs” ». -Dre Lyne Couture

Denis Charette se dit inquiet de l’avenir du centre. « Nous avons une population vieillissante et certaines personnes sont plus démunies. Nous avons besoin de ressources et surtout d’un plan de match pour que le Centre de services de Rivière-Rouge puisse réellement et pleinement jouer son rôle à l’égard de la psychiatrie, notamment pour desservir adéquatement les Hautes-Laurentides. On nous a annoncé la venue d’une aile psychiatrique à l’hôpital de Saint-Jérôme, mais sachant que la situation est également inadéquate là-bas, cela rajoute à l’incertitude pour Rivière-Rouge », croit-il.

Par ailleurs, avant son passage à Rivière-Rouge, la Coalition Santé Laurentides a entamé sa tournée régionale à l’hôpital de Mont-Laurier. Là aussi, elle a rencontré élus, usagers, personnel de soin et médecins pour faire le point sur la situation actuelle de cet hôpital et définir les démarches à entreprendre, avant de tenir une conférence de presse. Ont notamment été réclamés lors de celle-ci un rattrapage financier, une mise à niveau des infrastructures, l’amélioration des soins, des services et de l’équipement ainsi qu’une gouvernance locale.

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